Les renards de Bagneux

Les renards de Bagneux

Contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, de nombreux renards vivent à Bagneux. Générateur de fascination, de dégoût, ou même d’indifférence, nous verrons pourquoi cet animal cousin du chien prospère à quelques pas des habitations, dans un monde ou l’espèce humaine repousse les autres.

Pourquoi les renards sont-ils nos voisins ? 

Malgré sa mauvaise réputation de voleur de poule, le renard est une espèce primordiale pour de nombreux écosystèmes. Son régime alimentaire vaste lui permet de trouver des ressources alimentaires, même dans un endroit ou d’autres espèces en seraient incapables. Les renards vont consommer des petits mammifères dits “micromammifères” ainsi que des fruits et les restes alimentaires des humains. C’est la raison principale qui explique leur présence partout en France, et même au sein des villes, parfois directement dans les jardins. Autrement dit, c’est le seul prédateur capable de vivre en ville.

Le renard roux, de par sa position de prédateur, va jouer un rôle de régulateur au sein des milieux. En d’autres termes, il va chasser les rongeurs pour se nourrir et ainsi limiter la prolifération de rats et de souris dans nos villes, et donc également dans nos habitations. Cette espèce, comme chaque prédateur, permet de garantir la bonne santé de son milieu en limitant l’impact des espèces dites “proies” sur les  végétaux. D’une part, il limite la présence de souris dans nos appartements. D’autre part, il participe aussi à la santé des insectes (et donc des pollinisateurs) en consommant les petits mammifères insectivores comme les musaraignes.

Plutôt qu’un nuisible, il est un animal qui sait s’adapter

En plus de son régime alimentaire largement avantageant, le renard dispose d’une autre particularité. Les portées sont composées, la plupart du temps de quatre, cinq ou six renardeaux. Cependant, si les ressources alimentaires sont rares, les portées vont être adaptées à l’alimentation disponible. Ce qui crée des cas de figure avec des portées de deux ou trois renardeaux, comme c’est le cas sur la colonie de renards de la friche des trois mares du tiers-lieu de la Lisette située à Bagneux et que nous étudions. Nous parlons donc d’un animal qui régule de lui même sa population en fonction de son alimentation disponible, ce qui réduit considérablement le risque d’invasion, déjà minimisé par sa position de prédateur.

Concrètement, où vivent les renards de Bagneux ?

Les renards roux de notre ville ont été observés dans différents endroits. Nous savons qu’il y a plus ou moins une colonie dans chaque friche de la ville (endroits fermés aux usagers où l’on laisse la nature prospérer).  C’est d’ailleurs sur la friche des trois mares que les photos ont été prises à l’aide d’un piège photographique. Il y a aussi une grande population dans le cimetière parisien (situé à Bagneux) ainsi qu’une autre population dans le cimetière de Bagneux (collé au cimetière parisien mais séparé par un mur infranchissable.) Le cimetière parisien est un lieu gigantesque et constitue à la fois un terrain de jeu et un enclos pour les renards. L’importante population de renards au sein des cimetières est certainement expliquée par le calme que ces lieux peuvent offrir aux espèces animales. Ce sont, paradoxalement, des sanctuaires de la vie, favorisé par la faible pression humaine de ces lieux de cultes.

Protéger les renards balnéolais

Nous savons qu’il y a beaucoup de consanguinité entre les renards au sein du cimetière parisien et que cela affaiblit les nouveaux nés. En effet, les individus des dernières générations sont parfois malades, fragilisés par le manque de mixage génétique. Cette réalité représente un danger de santé publique autant d’un point de vue naturaliste qu’anthropique. Il est de notre devoir de protéger les renards de notre ville, que ce soit pour les autres espèces animales et végétales qui cohabitent avec nous et qui ont besoin d’une espèce prédatrice (comme dans chaque écosystème), ou pour que nos appartements soient plus sains, libérés des souris qui cherchent un endroit chaud pour passer l’hiver.

Rédigé par Raphaël DAVOINE, chargé d’animation à l’association Bagneux environnement, naturaliste et spécialiste du renard roux.

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