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Édito de Juan Piquemal – Président de l’Association Bagneux Environnement

Homo sapiens ? Homo écolo ? Homo Détritus ? …

Sept heures du matin. Mon réveil électronique me sort sans ménagement d’un rêve d’île déserte et paradisiaque. Cette île lointaine existe-t-elle vraiment ? Faudrait prendre un avion pour vérifier … Oui, elle existe, mais elle est surpeuplée et l’eau monte, monte, …

Sortir du lit. Me réfugier dans mes pantoufles douillettes. Douillettes mais en fibres synthétiques. J’ai les deux pieds dans du pétrole…

Brossage des dents pour gommer l’haleine de crocodile … (c’est raccord avec mon côté tennisman accro aux marques …).

L’armoire à médocs déborde de vieux cachets périmés. Soyons efficaces : poubelle ! Et Homo détritus … Après les dents, la douche. En un quart d’heure, j’utilise la quantité d’eau d’une semaine d’une paysanne du Sahel. C’est bête, mais je ne vais pas lui envoyer l’excédent en bouteille plastique … Pareil pour les toilettes : un « pipi-caca » dans 9 litres d’eau potable. Même ineptie. Homo détritus et Homo debilus …

Vite le petit déj : ça sera chocolat, café ou peut-être thé, des trucs indispensables pour démarrer d’un bon pied la journée mais, petit défaut, ils arrivent de l’autre bout du monde. Contrariant …

Je sors. Il pleut. Tant pis, je prends la bagnole. Comme tout le monde, j’ai acheté un beau carrosse électrique. Ça c’est écolo et puis il faut bien l’amortir. Sauf que des fichus rabats-joie m’ont annoncé que l’électrique c’était des déchets nucléaires quasi immortels, sans parler des batteries. Catastrophique …

De toute façon, prendre le bus, en ce moment, c’est barboter dans un bouillon de culture pour Covid …

Alors, Homo sapiens ? Écolo ? Ou Détritus ?

Les options et les choix sont difficiles. Et on a tous le syndrome de l’autruche : la tête dans le bac à sable. Mais depuis longtemps, le sable est mélangé à du ciment … Et il est à prise rapide …

Que faire ? Bien comprendre la fameuse phrase écolo : « il n’y a pas de petits gestes, quand on est des millions à les faire » mais l’envisager aussi à chaque instant dans l’autre sens : un petit geste négatif insignifiant multiplié par des millions peut vite devenir une catastrophe avec des impacts planétaires .

Un discours de catastrophiste ? Pas vraiment. Nos mers regorgent de microplastiques, nos terres sont polluées, nos rivières et nos nappes phréatiques charrient nos déchets, notre atmosphère devient par endroit irrespirable, notre biodiversité est rongée et décline. Et je pourrai continuer la liste. Alors qu’est-il possible encore de faire ???

Baisser les bras ? Après moi, le déluge … ? Mais le déluge, certains l’ont déjà … Pour beaucoup, il faut déjà écoper.

Peut-être pas ? Homo sapiens sapiens. L’humanité a des ressources. A nous d’apprendre à connaître les solutions. Militer et faire connaître. Un exemple tout simple : l’hydrogène vert existe, il marche et il est efficace. Qu’attend-on pour le généraliser ?

Par ailleurs, comportons-nous en réel responsables, gérons notre empreinte carbone et nos impacts négatifs.

Ce n’est qu’à ce prix que nos enfants pourront nous pardonner pour la planète qu’on est en train de leur laisser

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